Des faits au lieu de préjugés

La discussion autour de l’aide sociale est marquée par de nombreux préjugés, alors que les faits sont ignorés. C’est pourquoi, vous trouverez ci-après les informations importantes que nous avons rassemblées.

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A quoi doit servir le forfait d’entretien?

Chaque personne bénéficiaire de l’aide sociale reçoit un montant fixe (forfait) pour son entretien. Dans le canton de Berne, pour une personne seule ce forfait s’élève à CHF 977.-. Lorsque le ménage se compose de plusieurs personnes ce montant est réduit. Pour une famille de quatre personnes le montant par personne et par mois est de CHF 520.-.

Le forfait d’entretien doit suffire pour tous les biens et services. Il est calculé par l’Office fédéral de la statistique et tient compte des dépenses des ménages suisses aux revenus les plus faibles.

Le forfait d’entretien doit suffire pour les dépenses suivantes:

  • nourriture, boissons, cigarettes et produits analogues
  • vêtements et chaussures
  • consommation d’énergie (sans les frais accessoires du bail à loyer)
  • entretien courant du ménage (nettoyage/réparations), taxes pour les ordures
  • petits objets pour le ménage
  • soins et santé (sans les primes de caisse maladie et les franchises)
  • frais de transport (transports publics, entretien du vélo, etc.)
  • moyens de communication (téléphone, internet, abonnement de portable, etc.)
  • formation et distractions (par ex. concession radio/TV, loisirs, sport, jouets, journaux, livres, etc.)
  • hygiène (par ex. coiffeur, articles de toilette)
  • boissons consommées à l’extérieur
  • autres (par ex. cotisations à des sociétés, petits cadeaux)

Le canton de Berne veut diminuer le forfait d’entretien de 8-30%, alors que selon des études scientifiques il est aujourd’hui déjà trop juste. Le forfait d’entretien a été réduit en 2005 et depuis n’a été adapté que partiellement au renchérissement.

Travail et aide sociale

La personne qui bénéficie de l’aide sociale doit chercher du travail et aussi accepter un emploi convenable. Sinon, les prestations sont réduites. De plus, l’activité lucrative est récompensée financièrement : la personne qui travaille bénéficie d’une franchise sur le revenu.

Dans le canton de Berne, près d’un tiers des adultes à l’aide sociale exercent une activité lucrative. Pourtant leur salaire ne leur suffit pas pour vivre. Cela provient principalement du fait que les personnes à l’aide sociale sont majoritairement sans qualification professionnelle. La plupart du temps, elles ne réalisent qu’un revenu minime. L’aide sociale doit par conséquent verser des prestations en complément au revenu de l’activité lucrative, surtout pour les familles.

Près d’un tiers des adultes bénéficiaires de l’aide sociale sont à la recherche d’un emploi. Parce que ces personnes sont en général peu qualifiées, souvent atteintes dans leur santé ou en fin de droit auprès de l’assurance chômage, elles ont de la peine à trouver un travail. Les services sociaux les soutiennent dans la recherche d’un emploi et leur proposent des programmes de qualification, d’insertion et d’occupation ainsi que des offres de formation continue afin d’utiliser judicieusement le temps à disposition jusqu’à un nouvel engagement.

Le dernier tiers des adultes soutenus ne peuvent pas travailler parce qu’ils doivent s’occuper de leurs enfants ou pour des raisons de santé. Un grand nombre de personnes ayant des problèmes de santé ont perçu par le passé une rente AI. Or, l’AI a durci sa pratique en matière d’octroi de rentes. Il en résulte qu’un nombre croissant de personnes atteintes dans leur santé et limitées dans leur capacité de gain sont aujourd’hui dépendantes de l’aide sociale.